Togo / Elections : L’opposition appelle à la mobilisation contre « un coup de force électoral »

Togo / Elections : L’opposition appelle à la mobilisation contre « un coup de force électoral »

A l’occasion de plusieurs meetings tenus dans une vingtaine de localités, samedi et dimanche au Togo, l’opposition a appelé ses militants à rester mobilisés contre ce qu’elle a qualifié de «coup de force électoral» en préparation. 

Elle refuse qu’on lui parle d’élections tant que les réformes politiques essentielles n’auront pas été mises en œuvre, dans le cadre de l’exécution de la feuille de route de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao). 

« Pas de réformes, pas d’élections. Nous devons rester mobilisés pour que [le coup de force électoral] ne passe plus dans notre pays », a indiqué, dimanche, Gnagnon Emmanuel, chargé de la communication des Forces démocratiques pour la république (FDR), lors d’un meeting tenu devant environ 3 mille personnes à Vogan (68 km au nord-est de Lomé). 

Au total 19 meetings ont été programmés dans différentes villes du pays, dont 9 ont été organisés samedi et 10 dimanche, alors qu’une mission de la Cedeao tient dans la capitale, dimanche, la deuxième réunion du Comité de suivi. 

Samedi à Kévé (50 Km au Nord-ouest de Lomé), à l’ouverture de cette série de meeting, Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, a affirmé devant quelques milliers de personnes venues l’écouter qu’ « il n’y aura pas d’élections sans un accord sur la mise en œuvre de la feuille de route de sortie de crise et des réformes effectives ». 

« Nous refusons qu’on nous pousse aux élections. Les Togolais ne sont pas sortis dans la rue pour des élections mais pour des réformes. Il n’y aura pas d’élections avant que nous-nous entendions sur les questions de réformes, les élections et la mise en œuvre consensuelle de la feuille de route », a déclaré Fabre. 

Selon la feuille de route de sortie de crise de la Cedeao, des élections législatives sont prévues le 20 décembre 2018. 

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé la semaine dernière, la tenue de deux autres scrutins le 16 décembre 2018 : des élections locales et un référendum sur la constitution. 

Dans ce contexte, elle a annoncé aussi le démarrage du recensement électoral, le 1er octobre pour la reconstitution du fichier électoral en vue des trois élections. 

L’opposition a condamné vivement cette sortie, en appelant les facilitateurs à prendre leur responsabilité pour « stopper la Ceni dans ses élans », parce que la Ceni, elle-même, devrait être réformée selon la feuille de route de la Cedeao. 

La réunion du comité de suivi qui se tient, dimanche, à Lomé devrait aborder « une possible évolution dans la composition de la Ceni pour plus d’inclusion » et donner de la crédibilité à l’organisation des prochaines élections, selon les informations reçues par Anadolu des membres de ce comité. 

Ces meetings organisés par la coalition de l’opposition préparent le terrain « pour les mots d’ordre à venir », selon une source proche, contactée par Anadolu. 

Le Togo traverse, depuis un an, une crise politique que la Cedeao tente de juguler à travers des facilitateurs qu’elle a désignés : Nana Akufo Addo, président ghanéen et Alpha Condé, président guinéen ; mais aussi à travers une feuille de route validée par la conférence des chefs d’Etat le 31 juillet dernier. 

L’opposition togolaise réclame le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir, le retour de la constitution de 1992, et le vote de la diaspora. 

Le pouvoir, ouvert aux discussions, refuse toute option pouvant empêcher l’actuel président de briguer un nouveau mandat en 2020. 

Source: Anadolu

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