Togo: Fabre veut annuler la présidentielle

Togo: Fabre veut annuler la présidentielle

Jean Pierre Fabre, l’ex chef de fil de l’opposition togolaise, classé 3e à la présidentielle du 22 février dernier avec 4,68 % a annoncé ce mardi avoir saisi la cour de Justice de la CEDEAO en annulation du scrutin présidentiel qui a donné Faure Gnassingbé réélu avec 70,78 % pour un 4e mandat

 

Aux vues de nouveaux éléments exposés dans un communiqué de presse publié à la mi-journée par son directeur de campagne Patrick Lawson, et dont copie est envoyée à Africa Full Success, il demande une reprise pure et simple de l’élection présidentielle qui s’est déroulée le 22 février dont les résultats sont contestés par la quasi-totalité des candidats de l’opposition.

 

« Les chiffres définitifs de l’élection présidentielle du 22 février 2020 au Togo, publiés le mardi 3 mars 2020, par la Cour Constitutionnelle, confirment le caractère frauduleux et factice, fantaisiste et farfelu des résultats de ce scrutin qui, de surcroit, donnent lieu à deux décisions rendues illégalement » affirme Jean Pierre Fabre

 

Pour ces deux décisions, le communiqué met en lumière une première de la cour constitutionnelle (n° EP-008/20 du 03 mars 2020), rendue en audience publique devant le corps diplomatique, la presse nationale et internationale, les représentants des candidats, et retransmise aux populations par la télévision nationale et une seconde (n° EP-009/20 du 09 mars 2020) qui serait « rendue en catimini, entre juges et hors délai ».

 

« Ces prestations de la Cour Constitutionnelle ne sont qu’une mystification qui ne repose sur aucun résultat provenant des procès-verbaux régulièrement validés par les 9.389 bureaux de vote officiels de la CENI » assure Fabre d »taillant que dans la première « la Cour Constitutionnelle, sans aucune justification ni explication, a modifié allègrement et arbitrairement les chiffres préfabriqués par la CENI ».

 

Il accuse dans cette décision la haute cour d’avoir gonflé :

 

  • Le nombre d’inscrits qui passe de 3.614.056 à 3.738.786, soit une augmentation du nombre d’inscrits de 124.730 ;
  • Le nombre de votants qui passe de 2.769.286 à 3.349.989, soit une augmentation du nombre de votants de 580.703.
  • Le tout, en minorant le nombre de suffrages exprimés qui passe de 2.679.557 à 2.486.876 soit une diminution du nombre de suffrages exprimés de 192.681.

 

« En outre, la Cour Constitutionnelle omet de mentionner les bulletins nuls dont le nombre, calculé sur la base des chiffres de la Cour elle-même, s’élève à 963.113, soit plus de 11 fois le chiffre publié par la CENI » mentionne Jean Pierre Fabre.

 

S’agissant de la 2ème décision que Jean Pierre Fabre soutient que la haute cour a rendu en catimini, six jours après la première, le communiqué affirme que « la Cour Constitutionnelle, dans le but manifeste de faire disparaitre les incohérences qui établissent le caractère fantaisiste et inacceptable des suffrages attribués aux différents candidats, s’est contentée, au prétexte de rectification ‘’d’erreurs matérielles’’, de valider les chiffres provisoires fabriqués de toutes pièces par la CENI ».

 

« Curieusement, tout cet exercice laisse inchangés les suffrages attribués à chaque candidat, malgré les supposées corrections ‘’d’erreurs matérielles’’ par la Cour Constitutionnelle. Tout le monde comprend qu’en réalité, il ne s’agit pas ‘’d’erreurs matérielles’’ mais de manipulations et de falsifications pures et simples » commente le communiqué.

 

A tout ce désordre, a-t-il poursuivi « il convient d’ajouter les publications de Togo-Presse, notamment la livraison N° 10738 du mercredi 04 mars 2020 qui utilise, différents dénominateur (suffrages exprimés), pour déterminer le pourcentage de voix de chaque candidat. Sans compter que les chiffres provenant des procès-verbaux des bureaux de vote, collectés par l’ANC, ne correspondent en rien aux publications fallacieuses de la CENI et de la Cour Constitutionnelle ».

 

La mascarade a créé une confusion telle qu’il est matériellement impossible d’exhiber dans leur entièreté, les véritables résultats de cette élection.

 

« La seule porte de sortie de l’impasse est l’annulation pure et simple de ce scrutin et sa reprise dans des conditions de transparence et d’équité conformes aux normes et pratiques internationales » indique le communiqué de l’ANC qui affirme que Jean Pierre Fabre a « saisi la Cour de Justice de la CEDEAO pour faire constater les graves violations des droits de l’homme et des peuples que constitue l’organisation de l’élection présidentielle du 22 février 2020, au regard de la Constitution et des instruments internationaux signés et ratifiés par la République togolaise ».

 

Ken LOGO

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