Togo : Les évêques appellent à la libération de Kodjo Agbéyomé

Togo : Les évêques appellent à la libération de Kodjo Agbéyomé

La Conférence des Evêques du Togo ont appelé mardi soir les autorités judiciaires à relâcher l’ex premier ministre Gabriel Kodjo AGBEYOME, arrêté tôt dans la matinée par les forces de l’ordre et interrogé toute la journée par les services de renseignement et des investigations de la gendarmerie nationale togolaise.

 

Kodjo Agbéyomé a été arrêté de même que des membres de sa famille et tous ceux qui étaient dans les environs au moment de l’opération y compris un journaliste en fonction, pour répondre des chefs d’accusation de troubles à l’ordre public, de tentatives d’atteinte contre la sureté de l’état consécutive à la présidentielle du 22février pour lequel il a perdu face à Faure Gnassingbé, mais dont il réclame la victoire.

 

Tout s’est passé en présence de l’archevêque émérite de Lomé Mgr Philippe Fanoko Kpodzro (90 ans) qui a été le principal soutien de l’ex premier ministre depuis l’annonce de sa candidature, et dans une brutalité et violence perpétrées par les Forces de Défense et de Sécurité, qui se sont introduites chez lui en défonçant son portail d’entrée.

 

« Les évêques du Togo déplorent et condamnent la brutalité et la récurrence de la violence dont nos autorités font preuve dans la gestion d’une situation qui est avant tout, politique » indique le communiqué de la conférence dont copie est parvenue à Anadolu.

 

Les évêques du Togo estiment que « chaque citoyen a le droit et le devoir d’exprimer sa désapprobation devant l’injustice manifeste et l’oppression ».

 

« Aussi les violences physiques et autres traitements inhumains et dégradants infligés aux citoyens à cette occasion, sont-ils une négation de leurs droits et libertés. Une fois de plus, la Conférence des évêques les dénonce et les condamne, et appelle leurs auteurs à se ressaisir » lit-on dans le communiqué.

 

Les Évêques du Togo demeurent convaincus que face à cette crise consécutive à la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 22 février 2020, l’option à privilégier reste celle de la recherche d’une solution politique qui n’occasionne pas d’autres violences, mais respecte les droits fondamentaux de chacun.
C’est dans cet esprit qu’ils invitent les autorités judiciaires à relâcher Kodjo AGBEYOME, déplorant le fait que « l’Archevêque de Lomé, Monseigneur Nicodème BARRIGAH-BENISSAN ainsi que l’Archevêque émérite de Lomé, Monseigneur Denis AMUZU-DZAKPAH n’aient pas été autorisés à aller porter assistance à Monseigneur Philippe Fanoko KPODZRO, qui venait de lancer un poignant cri de détresse, notamment à leur adresse ».

 

Peu avant les évêques, c’est l’ANC, le parti de Jean Pierre Fabre, l’ex chef de fil de ‘opposition, arrivé 3e à la présidentielle du 22 février a aussi déploré et condamné «les conditions » de l’interpellation de M. Kodjo, caractérisées par « l’usage excessif de la force ».

 

Accusant les autorités togolaises de refuser « obstinément » d’engager le pays sur la voie de l’état de droit, protecteur des libertés, « l’ANC demande que les droits de Kodjo AGbéyomé soient respectées à toutes les étapes de la procédure ».

 

Ken LOGO

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