Togo: L’opposition réclame la libération de Kodjo Agbeyomé

Togo: L’opposition réclame la libération de Kodjo Agbeyomé

L’arrestation mardi de l’ancien premier ministre togolais Kodjo Agbéyomé arrivé 2e à la présidentielle du 22 février dernier et détenu à la gendarmerie nationale pour répondre de plusieurs chefs d’accusation, dont une tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat a suscité une série de réactions appelant à sa libération.

 

Le Comité d’action pour le Renouveau CAR, de l’ancien Premier ministre Yawovi Agboyibo trouve que le « régime RPT/UNIR a décidé de donner un coup d’arrêt au contentieux du scrutin présidentiel du 22 février 2020 en faisant arrêter, dans des conditions horribles, monsieur Agbéyomé KODJO par les forces de l’ordre ».

 

Le CAR condamne l’arrestation du député et les actes de violence et de vandalisme perpétrés par les Forces de l’ordre dans son domicile et demande « qu’il soit immédiatement libéré », pour trouver une solution politique à la crise post-électorale.

 

Réaction également de plusieurs candidats à la présidentielle condamnant la brutalité et l’acharnement contre « un challenger qui estime être volé à un scrutin présidentiel et qui ne cherche que la vérité des urnes ».

 

« Pour avoir contesté les élections que toute la classe politique togolaise de l’opposition considère comme non conformes aux normes admises de transparence et de régularité, M. Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo n’a commis aucun acte répréhensible qui justifie l’acharnement militaro-policier dont il est l’objet », a indiqué Aimé Gogué candidat de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) à la dernière présidentielle, dans le communiqué rendu public mercredi.

 

Gogué avait déjà reconnu la victoire de Kodjo Agbéyomé à la présidentielle du 22 février dernier.

 

Pour Tchassona Traoré, qui a représenté le Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD) à ces élections, les conditions dans lesquelles Kodjo Agbéyomé est arrêté laissent penser à des conséquences « insoupçonnables » dans cette période de crise sanitaire liée au coronavirus.

 

« Cela pourrait contribuer à creuser davantage le fossé social et renforcer les murs d’incompréhension érigés et entretenus depuis longtemps par les Togolais », a t-il écrit dans un communiqué de presse.

 

A l’ANC, Alliance Nationale pour le changement de Jean Pierre Fabre, ancien chef de file de l’opposition arrivé en 3e position à la dernière présidentielle, on ne demande pas la libération de Kodjo Agbéyomé. Mais que ses droits soient respectés à toutes les étapes de la procédure.

 

Le parti a juste condamné «les conditions » de l’interpellation de Kodjo, caractérisées par « l’usage excessif de la force» tout en accusant les autorités togolaises de refuser « obstinément » d’engager le pays sur la voie de l’état de droit, protecteur des libertés.

 

Au-delà des politiques, la Conférence des évêques du Togo a aussi demandé la libération immédiate de l’opposant Kodjo Agbéyomé.

 

« Les évêques du Togo déplorent et condamnent la brutalité et la récurrence de la violence dont nos autorités font preuve dans la gestion d’une situation qui est avant tout, politique », indique le communiqué de la conférence affirmant, par ailleurs, que « chaque citoyen a le droit et le devoir d’exprimer sa désapprobation devant l’injustice manifeste et l’oppression ».

 

Pour rappel, Kodjo Agbéyomé, ancien Premier ministre et député à l’Assemblée nationale, réclamait la victoire dès le lendemain de la présidentielle, remportée officiellement par Faure Gnassingbé, dès le premier tour avec plus de 70% des suffrages exprimés.

 

Il avait procédé à la nomination d’un présumé Premier ministre et d’un ministre des AE et appelé les forces armées à lui faire allégeance, d’où les poursuites engagées contre lui.

 

Ken LOGO

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